Il peut être intéressant de savoir que le Père Noël norvégien d’origine n’est pas ce joyeux grand-père vêtu de rouge que l’on voit dans les médias grand public. Mais même le Père Noël norvégien a connu une certaine évolution au fil des siècles, sans l’influence du capitalisme ni du mercantilisme.

Ainsi, si vous prévoyez un voyage dans ce pays, en particulier pendant les fêtes de fin d’année et lorsque vous voyagez avec des enfants, et que vous souhaitez en savoir plus sur ce à quoi vous pouvez vous attendre de la part du Père Noël en Norvège, cet article vous dévoilera tout.

Le Père Noël norvégien

Le Gardvord

La première chose que vous devez savoir, c’est que la plupart des pays scandinaves ont un « personnage » similaire, même s’il porte souvent un nom différent. Parfois, ils portent même plusieurs noms différents au sein d’un même pays ! Par exemple, le Gardvord peut également être appelé « Vette ». Il s’agissait d’un être surnaturel et extrêmement curieux, qui « espionnait » en permanence ce qui se passait à la ferme.

On croyait qu’il (oui, on le percevait généralement comme un homme) était considéré comme le premier fermier de la ferme et qu’il apporterait la bonne fortune si on lui offrait de petits sacrifices. Mais avant que vous ne commenciez à imaginer des scènes de sacrifices horribles, sachez que les sacrifices dont nous parlons ne sont que des offrandes telles que de la nourriture ou de la bière.

Cette croyance s’est maintenue jusqu’au XIe siècle, le Gardvord faisant partie intégrante du folklore local aux côtés des draug (des créatures ressemblant à ce que nous appelons aujourd’hui des fantômes), de trolls et de hulder (une créature mystique, mélange d’humain et d’animal, dont les soi-disant sirènes constituent une « sous-espèce »).

L’évolution d’un nom

Nous ne pouvons pas dire avec certitude quand exactement cela s’est produit, mais, insidieusement, le Gardvord a subi un changement de nom. Vous souvenez-vous que nous avons mentionné que les mêmes créatures et êtres surnaturels en Scandinavie portent souvent des noms différents ? Eh bien, en ce qui concerne le Gardvord, vous le connaissez sans doute sous le nom de Tomte en Suède.

Au Danemark, on l’appelle « Nis » ou « Nisse », ce qui est le surnom que beaucoup donneraient à quelqu’un qui s’appelle Nils ou Niels. On pense que ce surnom trouve son origine dans Saint Nicolas (ou Nikolas), dont est issu le Père Noël tel qu’on le connaît dans le reste du monde.

Histoire du Père Noël en Norvège

Le Nisse devient maléfique

La Réforme eut lieu en 1537 et les prêtres protestants n’appréciaient guère le concept du Nisse. À leurs yeux, il s’agissait d’un être surnaturel, et tout être surnaturel ne relevant pas de Dieu et de ses anges ne pouvait qu’être maléfique.

C’est donc ce qu’ils prêchaient. Selon eux, le Nisse était un démon tout droit sorti des profondeurs de l’enfer et de mèche avec le grand manitou des enfers, le Diable. Toute cette campagne de peur a porté ses fruits, et entre le XVIIe et le XVIIIe siècle, bon nombre des anciennes croyances populaires ont été reléguées aux oubliettes (comme étant maléfiques).

La renaissance du Nisse

Au XIXe siècle, un phénomène intéressant s’est toutefois produit : une sorte de renouveau a vu le jour en Norvège alors que le pays entrait dans son ère romantique. Bon nombre des anciennes croyances, légendes et traditions populaires ont été remises au goût du jour et ont connu un regain d’intérêt, le Nisse en faisant partie. Mais inévitablement, cet être surnaturel complexe d’autrefois ne cadrait pas tout à fait avec les codes de la société moderne ; l’histoire du Nisse a donc été réduite à l’essentiel et adaptée pour mieux correspondre à notre époque.

Naissance du Nisse de Noël

L’accent mis sur les sacrifices et les cadeaux est devenu de plus en plus important pendant la période de Noël, et le Nisse s’est en quelque sorte transformé en une figure un peu sévère. Ses frasques lorsqu’il ne recevait pas de cadeaux se sont alors transformées en sanctions généralement réservées aux enfants désobéissants pendant les fêtes.

Il a également subi un autre léger changement de nom pour devenir le Fjosnisse (le « Nisse de la grange »), ou, comme on l’appelle plus communément, le Julenisse (« Nisse de Noël »). Les offrandes dans la grange se sont également transformées en bouillie de riz préparée dans la grange la veille de Noël ou, pour ceux d’entre vous qui n’ont pas de grange, en cadeau placé dans une chaussette suspendue à votre lit ou dans une chaussure.

Bien que la famille du Nisse n’ait jamais été aussi mise en avant que lui, ses membres se sont eux aussi de plus en plus impliqués dans ses frasques de fin d’année. Dès les années 1800, après la création de la première carte de Noël, on a commencé à mettre de plus en plus en avant l’ensemble de la famille Nisse.

Le Père Noël en Norvège

Le Nisse et la Seconde Guerre mondiale

La guerre et le Nisse sont deux concepts a priori très éloignés qui se sont pourtant retrouvés étroitement liés pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour ceux qui ne se considèrent pas comme des passionnés d’histoire, la Norvège a été occupée par l’Allemagne nazie entre 1940 et 1945. À cette époque, le Nisse, élément indissociable et authentique de la culture norvégienne, est devenu un symbole de résistance contre les occupants.

Animés par un fort sentiment de patriotisme, des cartes de Noël représentant le Nisse et souhaitant à tous les Norvégiens un « God Jul » ont été publiées en 1941. Dès que les nazis ont découvert le message sous-jacent de ces cartes, celles-ci ont été interdites. Fait encore plus étrange, le port de tout bonnet rouge a été interdit en 1942 (car il ressemblait au bonnet rouge du Nisse et symbolisait la résistance).

Le Nisse à l’époque moderne

Aujourd’hui, le Nisse a une nouvelle fois évolué par rapport à son image d’autrefois, et les influences extérieures mondiales ont sans aucun doute marqué notre conception du Père Noël en Norvège. Non seulement le folklore local a en effet commencé à revenir à une version bien plus complexe, avec toutes sortes de Nisser, y compris celui qui vit dans la maison, appelé le « Rampenisser » (ce qui se traduit approximativement par « Nisser espiègle »).

Parallèlement, le porridge de riz peut désormais se transformer en lait et en biscuits, et cette créature presque féérique ressemblant à un nain, avec son bonnet rouge pointu, peut souvent simplement rappeler le Père Noël en Norvège, car seule la localisation de ce joyeux grand-père vêtu de son costume rouge diffère des autres représentations courantes.

Venez découvrir par vous-même le Père Noël norvégien

La seule façon de vraiment comprendre ce mélange éclectique de croyances ancestrales vieilles de plusieurs milliers d’années et du Père Noël commercialisé d’aujourd’hui en Norvège est de venir le découvrir par vous-même.

Si vous louez un camping-car en Norvège, vous disposerez à la fois d’un moyen de transport et d’un hébergement, et pourrez profiter de tous nos terrains de camping abordables. Et qui sait, vous pourriez même rencontrer notre Blanisser (qui signifie « Nisser bleu »), dont on dit qu’il vit dans les montagnes et qu’il ne peut sortir que pendant l’heure où le soleil disparaît derrière l’horizon et où le ciel s’illumine d’un bleu profond. N’oubliez pas de prendre une photo si vous le croisez, car nous aimerions tous le voir, nous aussi !